 |
Les enfants
face à la maltraitance

|
 |
"Peut-être les familles modernes
sont-elles soumises à davantage de pressions qu'à toute autre époque de
l'histoire. Les mutations économiques, sociales, sont à l'origine de
bouleversements qui ouvrent la porte à la maltraitance des enfants.
Pour que la société résolve ce problème, il est indispensable qu'il
soit dénoncé. C'est la condition pour qu'il soit compris et que
l'assistance aux victimes s'organise. L'enfant doit être
insouciance et lumière, non un voyage cauchemardesque au bout de la
nuit."Extrait :
"Le moins que rien" de Dave PELZER
La maltraitance à enfant n'est pas un
phénomène récent, même si c'est aujourd'hui que l'on en parle le plus.
C'est la prise de conscience de ce problème, le déliement des langues,
la médiatisation de certaines affaires et l'élaboration de textes
législatifs (convention des droits de l'enfant par exemple) qui ont
transformé notre perception.
Les différentes formes de maltraitance :
En ce qui concerne les
différentes formes de violences commises à l'égard des enfants il faut
attendre le sommet de Stockholm, en août 1996, pour arriver, après bien
des heures de débats, à en distinguer très clairement trois sortes :
1) Les violences physiques
2) Les violences sexuelles
3) Les violences psychologiques
Les violences physiques :
De toutes les formes de violence, les violences physiques sont
celles qui se voit. Elles sont donc plus repérables, plus mesurables,
plus facile à identifier.
La maltraitance physique se reconnaît par les traces qu'elle laisse sur
le corps de l'enfant : hématomes, brûlures, fracture, et par l'intention
effective de l'auteur d'infliger un sévices pour se faire obéir, pour
dominer et maîtriser l'autre.
Malgré tout l'enfant va tenter de dissimuler les traces de coups portés
sur lui car il ne supporte pas que l'on puisse voir son corps meurtri.
L'enfant ne souhaite pas montrer du doigt l'auteur de ces violences
surtout quand c'est papa ou maman.
Les adultes doivent donc limiter le poids de la parole comme unique
indicateur de souffrance. Il ne faut donc pas attendre que l'enfant
s'exprime pour agir !
Les violences sexuelles :
Ce type de violence revêt des formes diverses : de la "haute
criminalité" comme dans l'affaire Dutroux à des agressions beaucoup plus
légères, plus insidieuses, plus sournoises mais tout aussi
traumatisantes.
L'adulte maltraitant profite de sa position de toute-puissance pour
imposer à l'enfant un autre langage, son discours, sa domination en
matière sexuelle. Il exerce alors un abus d'autorité.
Plus graves encore dans le type de violences sexuelles actuelles des
réseaux, véritables organisations sociales, se constituent. En France,
en juin 1997, un réseau de trafic de vidéos pédophiles a été démantelé.
Depuis, de nombreux autres réseaux ont été neutralisés.
Aujourd'hui c'est sur Internet que ce développent ce type de
criminalité.
Les violences psychologiques :
Définir les violences psychologiques est un exercice compliqué. Pour
une situation donnée, les évaluations peuvent être différentes.
Les recherchent débutent en ce domaine. Il est très complexe de cerner
cette forme de violence car ce qui est ressenti à présent comme une
violence psychologique à l'égard d'un enfant était vécu, il y a encore
cinq ou dix ans, comme un comportement social normal d'éducation
stricte. Enfermer un enfant dans un placard relevait d'un pratique
éducative courante. Aujourd'hui chacun s'accorde à penser que c'est
insupportable et qu'il s'agit d'un violence psychologique. Les
agressions verbales, les dévalorisations systématiques, les humiliations
concernant leur niveau scolaire, leur apparence, leur physique, leurs
capacités intellectuelles, bref tout ce qui remet en cause leur
intégrité font partie des violences psychologiques.

Qui sont les auteurs ?
Pour prévenir les diverses formes de maltraitance, il est
impossible de s'intéresser aux victimes sans se préoccuper des auteurs.
La violence dont est victime l'enfant maltraité est principalement
exercée par une personne de son entourage familier (membres de la
famille, éducateur, instituteur, etc...). L'agression extérieure commise
par un individu étranger à l'univers affectif de l'enfant reste rare.
Les enfants à risques :
D'année en année, le nombre d'enfants qui risquent la
maltraitance augmente. 97 % des départements citent les carences
éducatives comme premier facteur de risque. Les conflits et séparations
familiales viennent en seconde position suivi de près par les problèmes
psychopathologiques des parents (alcool, drogue...). Le chômage, la
précarité et les difficultés financières représentent également un
signal d'alerte à ne pas négliger.
Que dit la loi ?
Pour les professionnels, assistantes sociales, éducateurs,
médecins, instituteurs, le principe du secret professionnel est défini
par les articles 226-13 et 226-14 du code pénal. Cependant les personnes
astreintes au secret professionnel doivent toujours faire part des
mauvais traitements à l'égard des mineurs de moins de 15 ans. La
révélation du secret dans ce cas est possible (article 226-14 du code
pénal).
Dans tous les cas toute personne ayant connaissance de l'existence d'un
enfant maltraité ou supposé l'être doit aviser les autorités médicales,
judiciaires ou administratives. Ne pas le faire serait tomber sous la
coupe de la non assistance à personne en danger (article 443-3 du code
pénal).
La parole de l'enfant :
On dit les enfants bavards, prêts à s'inventer des histoires
tant leur imagination est débordante. Pourtant, il existe un domaine où
les enfants font attention à ce qu'ils disent : celui des violences dont
ils sont victimes.
L'enfant maltraité, silencieux, se protège inconsciemment en gardant
sous silence les violences dont il est l'objet. C'est pour mettre un
terme à l'horreur vécue qu'il se décide parfois à en parler.
Ne pas prendre ses propos au sérieux, c'est exercer sur lui une nouvelle
violence.
Il n'y a pas de fatalité :
Lutter contre les mauvais traitements, ce doit être l'engagement
de toute notre société.
Un système de protection judiciaire de l'enfant en danger a été mis en
place progressivement. Cependant il est extrêmement complexe.
Les efforts doivent se poursuivre notamment par l'engagement encore plus
grand des acteurs sociaux et judiciaires. Pour prévenir les risques de
maltraitance envers les enfants il est nécessaire également :
- pour les parents, de maintenir la fonction parentale spécialement dans
les périodes sensibles de la vie familiale.
- pour tous les enfants améliorer leur condition de vie, et promouvoir
leur écoute dans tous les lieux où l'on discute des sujets concernant
leur protection.
- pour les familles vulnérables, réduire les facteurs de risques
susceptibles de générer de la maltraitance.


<>
Dave PELZER témoigne des tortues
infligées par sa mère jusqu'à l'âge de 12 ans. Violence physique
accompagnée de violences psychologiques. Un enfant maltraité ne dénonce
que très rarement les sévices dont il est victime. Il vit dans la peur,
la honte, convaincue qu'il mérite son sort. L'adulte maltraitant a-t-il
conscience de ses actes? Pas toujours! Quand on lui parle des coups
portés à l'enfant, il nous dit punir un gosse turbulent pour "son bien",
"son éducation".
Que dire de celui qui voit cet enfant marqué
d'hématomes, cet ado au comportement violent qui n'attend plus rien de
la vie?
Je crois que nous avons tous un petit
rôle dans la prévention de la maltraitance et de la violence. Nous ne
pouvons ignorer ni refuser de voir. Je termine cet exposé sur un
poème :
Cindy M. ADAMS
"Je ne savais pas"
Je ne savais pas que c'était si
grave,
Mais je savais que ça existait.
Ce crime odieux m'a révoltée
Parce qu'on vole à des enfants
Une période "unique" de leur
existence.
Je ne savais pas à quel point ça
faisait mal;
Les bleus et les cicatrices sont trop
souvent cachés.
Je ne comprenais pas pourquoi sur ta
route,
La brutalité de la violence exigeait
de toi
Un si lourd tribut.
Je na savais pas comment tu te
sentais;
Que tu avais perdu toute dignité.
Je savais seulement que tu te
repliais sur toi-même
Que tu cachais toujours tes
sentiments.
Je ne savais pas quoi faire;
Je ne savais pas si je pouvais
t'aider.
Je ne savais pas que tu avais d'abord
besoin
D'une amie;
De quelqu'un qui t'aime et te
soutient.
Sur la violence faite aux enfants
Maintenant, je sais que je peux
aider;
Que je peux changer les choses.
Je resterai à tes cotés; je
dénoncerai aussi fort que toi;
Pour que plus jamais personne ne dise
:
"Je ne savais pas".
